Rhum for Pauline en interview

C’est dans leur loge au Stéréolux, avant leur première date de la Tournée des Trans, que les Rhum for Pauline ont répondu à nos questions. Interview intégrale.

Comment est né Rhum for Pauline ?

Romain : Rhum for Pauline ça a commencé quand on était au lycée Paul et moi, à deux, dans une esthétique plutôt folk-blues, et ça a duré comme ça pendant un an et demi, et Thibaut et Emile nous on rejoint pour un concert au départ, Emile à la batterie, Thibault à la basse, Paul à la guitare et moi au chant/clavier, et la réaction du public
étant vraiment positive, on a continué avec cette formule-là, tout en faisant encore des concerts en acoustique, à deux. En janvier 2009, on a décidé de ne plus exister que comme quatuor.

Vous aviez tous les mêmes influences musicales à la base tous les quatre ?

Romain : Pas du tout !

Emile : c’est ce qui est intéressant dans ce groupe. Chacun vient d’un univers très différent : Paul et Romain faisaient de la folk, mais Thibault jouait dans un groupe qui avait des influences de type Radiohead, moi je jouais dans un groupe de garage punk. Ce qui fait qu’au début, c’était assez improbable et un vrai défi d’arrangement pour passer de l’acoustique à l’électrique. Sauf qu’on s’est découvert un amour commun pour la pop, qui se définit pas forcément par un groupe, mais plutôt par une osmose entre nous.

On a l’impression que votre musique forme un ilôt où vous vous êtes tous retrouvés. On parle beaucoup d’americana à propos de vous, c’est amusant que ce soit ça, le dénominateur commun ?

Romain : On nous parle beaucoup de pop seventies, d’americana, et c’est pourtant pas nos influences premières. Ce sont nos influences individuelles, tout ce qu’on écoute séparément qui nous font arriver à un résultat très différent de ce qu’on écoute à la base.

Emile : Notre musique évolue aussi en fonction des groupes qu’on écoute

En ce moment vous écoutez quoi ?

Emile : pas de gros coup de coeur, mais beaucoup de pop indé, Tame Impala, Deerhunter, ce genre de choses. Après, bizarrement, on a beau écouter ça, et dans nos compos, essayer de s’en inspirer, au final, ça ne sonne pas du tout comme ça. Ca influe clairement sur notre musique, mais plutôt comme si notre musique était un bloc qui évolue à la marge
Romain : Beaucoup de choses traversent notre musique, sans pour autant devenir une influence majeure. Beaucoup de groupes amis sont influencés par des courants musicaux, comme la cold wave, nous notre particularité, c’est qu’on ne puisse pas nous coller d’étiquette
Emile : Bon en même temps, c’est un peu le discours de chaque groupe. C’est juste que nous, on arrive pas à se mettre une étiquette.Quand notre premier 7 titres est sorti, on nous a beaucoup dit que ça sonnait comme les Doors. Mais aucun de nous n’a un jour particulièrement scotché sur les Doors. Ca n’a rien de révolutionnaire, on essaye de faire de bonnes chansons
Thibault : quand on fait une chanson, on essaye de faire quelque chose qu’on aimerait découvrir sur un blog, quelque chose qui nous étonnerait.

C’est un plaisir un peu égoïste…

Emile : Exactement !

Qu’est-ce que vous attendez de la Tournée des Trans, puis du festival en lui-même ?

Romain : les dernières dates qu’on a faites, même hors tournée des Trans, pour nous c’est un peu un set d’échauffement pour se roder et être à même de donner le meilleur de nous-mêmes le jeudi 1er décembre.
Emile : Concrètement, ce qu’on attend des Trans, c’est de compléter notre équipe de partenaires, dans une optique de professionnalisation. Aux Trans, ce qu’on cherche, c’est un tourneur voire un éditeur, et continuer à faire beaucoup de concerts. Mais même si on cherche à être professionnels, on veut continuer à y prendre du plaisir

En tant que spectateur, quels sont vos souvenirs des Trans ?

Emile : En 2008, j’ai dansé avec Jay Reatard, qui était mon idole, et qui est mort quelques mois plus tard, sur le côté du Hall 9, pendant le concert de Sebastian, alors qu’à l’époque j’écoutais pas du tout d’électro. C’était incroyable, d’être là avec ce mec dont j’avais tous les vinyls chez moi
Thibault : moi les Trans j’en ai surtout un souvenir en tant que musicien. On a joué au 4bis, il était 16h, la salle était complètement remplie, et le public avait du écouter la compil des Trans parce qu’ils connaissaient nos chansons. C’était notre premier rapport avec un public qui connaissait nos chansons, donc c’était une belle expérience. J’ai d’autant plus hâte de voir comment on va être accueilli.

Et vous allez voir quoi cette année aux Trans ?

Romain et Emile : Shabazz Palaces !
Emille : J’ai écouté beaucoup de rap, et je trouve qu’enfin il y a un renouveau de la scène rap. A part le label Stones Throw, dont je suis absolument fan, qui fait des trucs avant-gardistes, aujourd’hui y a enfin des choses intéressantes: les Odd Future, les Shabazz Palaces, ou Tyler the Creator arrivent à faire un son neuf, comme le Wu Tang dans les années 90
Thibault : On va aussi faire un tour du côté des soirée Kütu folk records.
Romain : On va aussi aller voir Jupiter jouer aux Bars en Trans (samedi 3 décembre, au Backstage), et Hold your Horses, des potes de Paris ( Jeudi 1er décembre, au Bar’hic)

Et pour finir…

Emile : Parce que !

Sérieusement, qui est Pauline ?

Tous ensemble : on sait pas, on sait plus. A chaque fois qu’on nous pose la question, le journaliste a sa petite idée. Non sérieusement, toi, ça t’évoque quoi ?

Pour moi, vous l’avez joué à pile ou face, ou bien c’est un cadavre exquis.

Romain : Y a de ça.

On en saura pas plus. Rhum for Pauline jouera à l’Ubu le 1er décembre.

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