Interview François and The Atlas Mountains

Vendredi dernier, Fránçois and The Atlas Mountains étaient en 1ère partie de Anna Calvi, à Rennes, à la salle de la Cité, salle mythique rennaise qui risque malheureusement de disparaitre. Nous avons eu l’occasion de les rencontrer.

Accueillis chaleureusement par Christophe du label Domino (France), le groupe termine sa balance. Ils jouaient la veille à Clermont-Ferrand et sont arrivés sur Rennes en début d’après-midi. On suit Fránçois, le leader du groupe dans les backstage de la Cité, pendant que Pierre, Amaury et Gérard, les autres membres dévorent Magic, qui vient de sortir avec la photo du groupe en couverture ! Leur excellent nouvel album ‘E Volo Love‘ sort le 3 octobre 2011 sur Domino rcds.

Interview

Après Another Records et Talitres, comment s’est passée la rencontre et la signature avec le label anglais Domino ?

Fránçois : le boss anglais de Domino, Laurence Bell, m’a contacté car il a eu l’album de 2 mains différentes, une main qui était celle de Fence records d’Ecosse et qui a sorti mon disque en Grande Bretagne (ndlr Plaine Inondable). Ils ont également eu l’album par Stephen Pastel (le chanteur du groupe écossais The Pastels) qui me suit aussi depuis longtemps. En fait j’ai vécu 6 mois à Glasgow quand je jouais avec Camera Obscura.

On sent que vous êtes une grande famille, dont Pierre Loustaunau de Petit Fantôme, que la scène bordelaise a son importance dans le groupe. Tu peux nous parler de votre rencontre ?

C’est le collectif Iceberg, Pierre, Crâne Angels… On s’est rencontré par des concerts en 2007. Pierre est venu me voir. A cette époque là, j’habitais à Bristol entre 2003 et 2008, le groupe a toujours été une bande de copains, et forcément au gré des années, on change un peu, le groupe évolue.

On était à l’Antipode au concert de Petit Fantôme (Pierre Loustaunau) et c’est vrai qu’on a ressenti une osmose ! Vincent du groupe Botibol (cf Route du Rock) était là aussi. Juste un regard et ça demarrait, pour un 1er concert on a été surpris.

Je jouais aussi, j’étais au clavier, plus en retrait..
Pierre a rejoint le groupe pour la scène, il fait les claviers, samplers, il est aux percu, chante aussi. Pour l’album il a apporté les voix, un peu de piano aussi, c’est assez vivant.

Le titre du nouvel album « E Volo Love », un mélange d’italien et d’anglais, avec l’idée de voyage, -toi entre Bristol et Saintes, c’est le reflet des nouveaux morceaux ?

C’est un palindrome, ça se lit dans les 2 sens, c’est un mélange d’italien et de bristolien, un peu le grand écart entre mes deux origines, mes origines anglaise, italienne, mes origines d’adoption…ça reflète l’album, ayant passé moins de temps à Bristol ces derniers temps, j’ai apprécié l’atmosphère ensoleillé du sud de la France… Là, c’est un album moins enlevé, plus chaleureux.
On peut traduire par « Et je vole mon amour » ; love en fait, ils mettent ça à la fin de chaque phrase à Bristol, « Love », ça veut dire, mec.

Françoiz Breut chante sur le titre, Cherchant des Ponts, comment l’avez vous rencontrée ?

A Bristol j’ai travaillé dans un cinéma qui faisait salle de concert et elle a joué un soir, je n’y étais pas mais je lui ai laissé un disque avec un petit mot et je crois qu’elle a été touchée que quelqu’un lui laisse un vinyle, on s’est revu plus tard lors d’un concert à Brigthon et à Glasgow, on a discuté …. on est resté en contact de manière assez éloignée et pour le nouvel album je cherchais une voix féminine plus mûre que la mienne.

Comment allez-vous faire pour jouer ce morceau ce soir ?

En fait on ne le joue pas. Les concerts sont comme des projets, c’est une branche d’un arbre, l’album c’est le fruit, on ne reconstitue pas l’album en live. C’est un état d’esprit différent.

Julien Pras (Calc) participe aussi à ce morceau ?

Non pas du tout, il y a la section cordes de Julien Pras (un violon et un violoncelle). C’est une connexion avec Julien que je connais par le biais de Total heaven, disquaire de Bordeaux qui était à Saintes quand j’étais adolescent.

A la Route du Rock on a rencontré le très sympathique boss d’Animal Factory (le label de Petit Fantôme).

Oui Fred. Un bon exemple, à l’image de Sean de Talitres ou de Laurence Bell de Domino, de gens qui sont complètement passionnés par la musique.

Tu ressens plus de pression avec Domino ?

Non car ils ont toujours été enclins à nous prendre tel que l’on était. Après il y a un peu de pression car il y a pas mal de gens autour de nous, le reste du groupe qui investit beaucoup de temps, les tourneurs… J’ai envie que tout le monde soit bien rétribué.

Sur l’album, il y a 4 morceaux chantés en français, et un qui se mêle à l’anglais. C’est un choix, ou ça vient comme ça ?

En fait, j’habitais à Bristol, et je me suis mis à chanter en anglais, j’ai jamais maitrisé l’anglais aussi bien que le français. Il y a toujours eu des retours au français pour rentrer plus en profondeur dans les textes, qu’ils soient plus narratifs. Quand j’écris en français, c’est plus narratif.

J’entendais un morceau Ruins qui n’est pas sur l’album. Vous avez fait des choix pour les 11 morceaux sur E Volo Love ? 

Oui, on en a enregistré 16, et il y en a que 11. J’ai vraiment pris le temps, je l’ai fait en un an. On a fait le corps de l’album en 2 semaines -batterie, guitares, clavier et certaines voix- l’album était en version brute en 2 semaines et après j’ai fait tous les arrangements, la période de réécoute, m’assurer que j’étais bien dans mon élément, que j’étais resté honnête avec mon intention première.
Après, il y a 3 b-side qu’on va sortir, que j’adore mais qui coulaient pas assez dans l’album, qui prenaient trop de temps, qui demandaient à être séparés.

L’album a été enregistré comme le précédent dans une maison à Saintes ?

L’album précédent, Plaine Inondable, oui dans une maison de campagne d’Amaury, le percussionniste et arrangeur de beaucoup de morceaux. Le nouveau, c’est à la chapelle Chavagne, toujours à Saintes, je voulais rester dans un cadre familier, où je sois à l’aise, c’est une chapelle reconvertie en lieu d’accueil d’artistes et donc c’est sur les hauteurs de Saintes, à côté d’une cathédrale…t’es à l’aise, t’es bien. Il y avait un vrai épanouissement à enregistrer l’album.

Et vous arrivez à vous arranger, là vous êtes 4, toi tu viens avec tes textes, ta musique… ?

Je fais les textes et la musique. Après c’est un bon miroir les autres, des gens en qui j’ai confiance, et je sais que quand je joue un morceau et que ça passe pas, il faut que je le retravaille, je l’oriente vers autre chose. Ils me servent beaucoup de miroir … autant dans l’enregistrement de l’album, Pierre et Gérard n’étaient pas là. C’est beaucoup Amaury qui m’a conseillé, une oreille un peu différente de la mienne. Des fois, je suis très sûr de moi, je sais où je vais et des fois les morceaux se construisent très vite et atteignent un morceau suffisant… c’est assez naturel…

Par la suite, tu as des envies de d’autres collaborations ?

Ahh des milliers…. J’aimerais beaucoup faire un album avec un ami de Bristol, et aussi avec ma petite amie qui est à Londres..Et j’ai envie de continuer à collaborer avec Pierre Petit Fantôme, et Archipel, le groupe d’Amaury, et moi j’ai envie de continuer à explorer….

Vous écoutez quoi en ce moment ?

Une compilation « Music from Saharan cell phones », c’est un type qui est allé en Afrique compiler des mp3 des téléphones des gens mais accompagnés par de la musique traditionnelle africaine. Le dernier Radiohead aussi de nuit.

J’ai plus de mal avec le dernier Radiohead.

Essaie de nuit, de nuit en conduisant.

La chorégraphie du clip la piscine ?

C’était en plein été mais il pleuvait. En fait j’ai acheté une caméra à 100 euros qui va sous l’eau. On a fait cela très légèrement.

Et la Route du rock alors ?

On a passé un super bon moment. J’adore joué dans des lieux qui ne sont pas des salles de concert (ndlr, le groupe a joué sur la plage l’après-midi). Il y avait plein de gens qui nous regardaient et qui n’avaient rien à voir avec le festival. On a joué dans un supermarché une fois aussi. Je suis assez friand de ce genre d’expérience.

Vous avez eu le temps de voir des concerts à St-Malo ?

Oui, j’ai bien aimé Electrelane surtout, j’ai été un peu ému de retrouver la musique de Low également, Turzi, Etienne Jaumet aussi, Dan Deacon et Aphex Twin. Ce sont mes coups de coeur.

Tu as toujours le temps de peindre ?

Oui oui, je viens de faire un dessin (Fránçois sort son carnet), cela faisait hyper longtemps, ça m’a fait du bien. J’ai fait une vue depuis la chambre d’hôtel à Clermont.
Mais à part cela, c’est vrai que à chaque fois que je peins, ce sont des gens qui conduisent car on est dans le van tout le temps (rire), des chambres d’hôtels…


Séance dédicace après leur concert ! Merci Fránçois.

Interview réalisée par Manu.b et Sylvain.g

Les brèves musicales

17.05.12 Rozi Plain, nouvelle signature Talitres rcds
16.05.12 Marissa Nadler (folk) dévoile 1 titre de son prochain LP
14.05.12 Gossip à Rennes le 10 novembre (et Bordeaux, Lille…)
11.05.12 Married Monk, NLF3 et Les Marquises à la Maroquinerie
09.05.12 We Love Green festival (Paris) avec Beirut
08.05.12 L’album de Beach House « Bloom » en streaming
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