Fool’s Gold : à l’antipode de la Pop
Interview du groupe californien pour leur concert rennais du 15 avril 2010.
L’Antipode a accueilli Jeudi 15 avril 2010, le second groupe présenté par les Rennais de R1R2 Prod après Midlake : Fool’s Gold et ses morceaux tiraillés entre rythmiques pop et guitares tropicales. Le premier single du joyeux combo californien, intitulé Surprise Hotel, est en passe de devenir le tube de l’été indé. Popisonfire a pu poser quelques questions aux deux amis d’enfance du groupe, Luke Top bassiste et chanteur, et Amir Kenan, claviériste et percussioniste, confortabement installés dans le canapé de leur loge. Interview.
Dans quelle mesure la musique africaine a-t-elle influencé votre travail sur le premier album de Fool’s Gold ?
Luke Top : Nous avons puisé dans de nombreuses sources de musiques africaines, du blues touareg aux musiques traditionnelles éthiopiennes et érythréennes en passant par le soukous congolais. Mais l’Amérique du Sud nous a également inspiré pour une bonne partie de nos morceaux, et notamment les rythmes brésiliens.
Amir Kenan : Nous ne nous sommes pas concertés pour donner une tonalité africaine à notre musique, l’album est en fait issu de nombreux boeufs et répétitions en studio. Nous n’avons pas de style défini et nous enregistrons lorsque nous sommes tous satisfaits du résultat. En tout cas, nous travaillons dans une ambiance décontractée qui, à mon avis, se ressent dans nos chansons. Si le public se met à danser et s’imagine en Afrique à l’écoute de nos titres, alors tant mieux. Nous jouons tout simplement la musique qui nous plaît.
Vous vous rapprochez de la démarche d’un autre artiste pop, celle de Damon Albarn, qui revendique le dynamisme de la scène africaine sur son label Honest Jon’s. Connaissez-vous quelques artistes signés sur ce label ?
L.T. : J’en ai entendu parlé mais je ne m’y suis pas encore penché.
A.K. : Je ne connais pas non plus d’artistes de ce label mais j’admire ce genre de démarche. De notre côté, nous nous sommes énormément servis de l’Internet pour construire notre culture musicale et je trouve fantastique d’avoir accès aux musiques des quatre coins du monde, en quelques clics.
C’est cette curiosité qui vous a poussé à chanter en Hébreu ?
L.T. : Oui, en partie. Le but de notre collectif est de proposer une musique unique. Nous avons tous joué dans différents groupes avant de former Fool’s Gold : Amir et moi baignons dans la musique depuis l’âge de quatorze ans, Michael a fait partie de We are scientists, Orpheo a joué dans The Fall et je peux aussi ajouter Matt qui a été membre de Foreign Born. Cette fois-ci, nous voulions tous produire quelque chose d’original mais le choix de la langue hébraïque a été inconscient. Je me suis mis à chanter en Hébreu à une de nos répétitions et ce langage rare dans la musique pop nous a semblé intéressant à exploiter. Il dégage une aura mystique qui nous touche.
Sur le MySpace de Fool’s Gold, on constate que le groupe comporte onze membres et vous n’êtes que six sur scène pendant cette tournée. Pourquoi jouez vous en effectif réduit ?
A.K. Le line-up live a toujours été différent de la configuration studio. Certains musiciens qui enregistrent avec nous ne font pas partie du groupe, mais nous aimons inviter d’autres artistes lors de nos répétitions et de nos enregistrements. Nos méthodes de travail rappelle un peu l’ambiance feu de camp sur la plage (Rires)
L.T. (Rires) Oui, et on s’adapte également aux demandes des différents organisateurs de nos concerts. Nous avons dû jouer une version raccourcie de Surprise Hotel, pas plus tard qu’hier, pour l’émission de France 3, Ce soir ou jamais.
Le public français est-il réceptif à votre musique ?
L.T. Oui ! C’est un public chaleureux qui nous encourage à donner le meilleur de nous-mêmes. Nous reviendrons avec plaisir !
Interview réalisée par Maxime.V








