Bilan de la Route du Rock 2019 par la team de Pop is on Fire

21500 entrées payantes au Fort cette année, la fréquentation est en légère hausse par rapport à 2018, avec surtout un énorme jeudi qui a rassemblé 10600 festivaliers (dont Etienne Daho venu voir Stereolab). 800 personnes ont assisté à la superbe soirée d’ouverture le mercredi à la Nouvelle Vague. Rendez-vous en 2020 pour fêter les 30 ans de la Collection Été !

Bilan : tops, flops et mentions spéciales.

1) LES TOPS

Sylvain Plantard

Idles
Tout simplement explosifs ! Le genre de prestation qu’on attend à la Route du Rock : une énergie folle et des chansons qui ont du sens (immigration, Brexit, travail précaire, dépression, politique, etc.) Deux ans après leur premier passage sur la petite scène, la bande de Bristol n’a pas manqué son retour.

Hand Habits
C’était la très belle ouverture du samedi au Fort. La captivante Meg Duffy, déjà présente en 2016 avec Kevin Morby, a majestueusement introduit cette dernière journée avec de très bons titres tout en douceur, à l’image du sublime « Placeholder ».

Fontaines D.C.
Ils avaient annulé leur passage aux Vieilles Charrues et j’en attendais beaucoup : ils ne m’ont pas déçu. Derrière l’air désinvolte de leur chanteur Grian Chatten, il y a eu une prestation très solide, une mise en bouche Post-Punk idéale avant l’arrivée de leurs camarades de Idles (les Irlandais reviendront d’ailleurs un peu plus tard pour partager avec eux la fin de leur set).

Pottery
Jamais deux sans trois, comme Fontaines D.C et Idles ils sont eux-aussi issus du Partisan, et eux-aussi nous ont offert une prestation qui valait le détour. Une très belle claque, ils sont jeunes et très prometteurs : ils ont sorti un premier EP de 7 titres et on attend impatiemment la suite.

Crows
Là encore beaucoup d’énergie, et de la rage avec un James Cox en bête de scène. Une prestation décapante et des titres abrasifs, pour le plus grand bonheur du public !

En vrac, les autres temps forts de mon côté ont notamment concerné les sets des Growlers, de Altin Gün, de Black Midi et de Foxwarren.

Sylvain Enfeu

Sharon Van Etten, la reine de la Nouvelle Vague
Assurément l’un des meilleurs concerts de cette édition 2019.
J’ai adoré le charisme de l’américaine, ses mouvements, ses pas de danse notamment sur les morceaux électroniques de son dernier album. Superbe.

Pottery, c’est jeune, c’est frais, c’est Pottery !
Le groupe de Montréal signé sur le label Partisan rcds (Fontaines D.C., Idles, Eagulls…) a réussi à me faire bouger pendant tout le concert. Belle performance sous la pluie ! J’aime beaucoup les différents styles qui se dégagent des chansons du groupe, au final, assez inclassable… Un ep 8 titres au compteur (mai 2019), un album devrait arriver dans les prochains mois. A suivre de près donc.

Big Thief
Adrianne Lenker, la chanteuse du groupe, véritable écorchée vive sur scène, est impressionnante à regarder et à entendre. En décalage complet avec le reste du groupe (look vestimentaire…), elle pourrait jouer dans une formation punk. A noter que le concert a été assez électrique et donc plus relevé que le dernier album intitulé U.F.O.F.

Idles
Impossible de résister à la puissance d’Idles sur scène. Le groupe emporte tout sur son passage, un ouragan.

Hot Chip
Un concert parfait pour danser même si la prestation globale a été moins bonne qu’en 2013.
A noter la reprise des Beastie Boys « Sabotage » et la présence d’enfants sur scène lors de chorégraphies improvisées.

Fontaines D.C. Is it too real for ya?
Difficile de ne pas résister au charme du chanteur qui semble contenir sa rage sur scène, se retenir. Contrairement à Idles, le groupe de Dublin n’explose pas mais a suffisamment de tubes pour offrir un super concert. J’adore.

J’ai également bien aimé les concerts de Deerhunter (même si je trouve que le groupe pourrait faire plus…), Hand Habits, White Fence (quel look !), Black Midi (le 1er titre) et Crows (quelle puissance !).

Manu

La Route du Rock qui s’achève, c’est un peu comme l’été qui se termine. Une belle édition 2019 !
Ce qui m’a particulièrement marquée, ce sont les groupes féminins ! Pas que néanmoins, mais les
leadeuses sont au rendez-vous, leur charisme me reste à l’esprit : Sharon Van Etten, Adrianne
Lenker de Big Thief, Laetitia Sadier de Stereolab, Meg Duffy de Hand Habits.

Mercredi soir : excellent préambule
Le premier soir a été pour ma part une réussite. J’attendais Sharon Van Etten. J’adore son dernier disque qui tourne sur la platine. C’est une artiste qui ne m’avait pas intéressée auparavant, mais j’aime l’ambiance des morceaux sur Remind me tomorrow, le côté électronique renforce les titres pop. Elle a passé la barre mercredi à la nouvelle vague : un set prenant, une voix puissante. Elle m’a entraînée dans différentes ambiances : elle délaisse la guitare électrique pour donner plus de puissance à son chant, passe ensuite au piano sur le titre Malibu, accompagnée de Heather Woods Broderick sa claviériste et ça fonctionne ! Commencer par Jupiter 4 avec ces nappes électroniques vous colle des frissons, superbe ! Idem pour Comeback Kid et Seventeen. Un très beau moment.
Pour Big Thief juste avant, j’ai aimé la hargne de la chanteuse Adrianne, le côté plus électrique des morceaux. Le nouveau morceau Not (sur leur nouvel album à paraître chez 4AD en octobre) est superbe ! Quelle intensité ! Même si Cattails à la guitare folk est très chouette, et From prenant. Le concert a été une alternance de moments plus doux pop et rock rageur. Une très très belle soirée !

Une pleine lune stereolabélisée le jeudi soir
Enfin live Stereolab : Laetitia Sadier juste devant moi et Tim Gane tout à gauche. Un French Disko qui vous prend, des tubes enchaînés avec un côté revival 90, Need to be, Percolator, Ping Pong.
Dommage parfois que sa voix n’ait peut-être pas été assez audible sur certains morceaux. Ce
moment magique n’a pas été gâché pour autant ! Sur Lo Boob Oscillator, la pleine lune derrière
nous, je n’ai pas eu envie de quitter Stereolab.
Le meilleur moment de cette édition est de retrouver Hot Chip le vendredi soir ! Un set dansant, une belle ambiance sur les anciens titres Flutes, Ready for the floor, Over and over, One life stand.
Un concert plus haut en couleurs qu’en 2013, lasers aidant, synthé, et un final incroyable avec
Sabotage, reprise des Beastie Boys et un I Feel Better superbe !
Hand Habits, très classe pour ouvrir le dernier soir. Meg Duffy a fait un concert impeccable, de belles mélodies, une belle voix, un concert tout en douceur pour démarrer. Des titres comme Placeholder, What lovers do sont imparables !
Par ailleurs, j’ai beaucoup aimé Fontaines DC, Tim Presley de White Fence, Pottery avec des
morceaux efficaces et plein d’énergie et Foxwarren dans un autre style.

2) LES FLOPS

Sylvain Plantard

Pas de gros flop à signaler au niveau musical, l’affiche a été très dense cette année et au final il y a eu très peu de creux. Les concerts ont été très bons dans leur ensemble alors que j’avais pas mal de craintes à priori avec une affiche qui me semblait peut-être moins bonne que les précédentes éditions… à tort !
Si je devais ressortir des noms, je dirais simplement que je n’ai pas réussi à rentrer dans les sets de Stereolab et de White Fence, mais cela n’en fait pas pour autant des flops…

Au final la déception principale reste les averses sur les soirées du vendredi et du samedi, mais malheureusement nous ne pouvons pas y faire grand chose.
L’ambiance est néanmoins restée très bonne, et l’affluence était plus qu’acceptable alors que nous pouvions craindre le pire…

A titre personnel, en plus du fait de ne pas avoir pu assister à la soirée d’ouverture à la Nouvelle Vague, ma principale déception pour cette édition reste l’annulation de Beirut car cela aurait vraiment apporté un gros plus sur la soirée du vendredi un peu trop électro à mon goût. Nous aurons peut-être l’occasion de les voir une prochaine édition…

Sylvain Enfeu

Stereolab
Ce n’est pas un flop mais en tant que « big fan » du groupe, j’ai été un peu déçu par le concert.
L’absence totale de communication entre Tim Gane et Laetitia Sadier et même les autres membres du groupe est assez étrange à regarder. Dommage… J’ai quand même dansé sur plusieurs morceaux (Miss Modular « Sur la boîte cartonnée un trompe-l’œil », Percolator…).

Les concerts de Metronomy, The Growlers, Tame Impala et Pond ne m’ont pas impressionné non plus.

Manu

Pas vraiment de flop, je regrette juste la soirée du samedi plus légère. Je passe mon tour pour Tame Impala même si j’ai bien aimé certains de leurs morceaux psyché, j’ai eu l’impression d’entendre la même chose qu’en 2013, les confettis et les lumières en plus. Metronomy idem. Sympa, mais pas marquant.

Mentions spéciales

Sylvain Plantard

Mention spéciale d’abord pour les concerts de la seconde scène qui sont souvent très bons, c’est un format très intéressant qui permet d’exposer des plus petits groupes. Avec une telle qualité, on en vient à se demander s’il ne serait pas intéressant de systématiser l’alternance entre les deux scènes pendant toute la soirée comme cela se fait sur d’autres festivals.

Je terminerai pas une mention spéciale pour l’organisation : François Floret répète régulièrement que cette organisation est une « bataille acharnée » et nous avons bien conscience qu’il n’est pas évident d’organiser un tel festival en restant fidèle à ses idées (il suffit de voir l’évolution des affiches des autres festivals pour s’en rendre compte). Ce festival est certainement dans l’hexagone ce qui se fait de mieux au niveau indé et il mérite vraiment de perdurer… keep fighting !!!

Sylvain Enfeu
A Sylvain Plantard pour tes belles photos de concerts pendant les 3 jours ! Thanks
A l’exposition New Wave qui était vraiment bien, j’ai beaucoup aimé.

Manu

A côté du festival, les propositions sont toujours intéressantes, notamment l’expo photo de Pierre René-Worms : deux photos parmi d’autres m’ont touchée : celles de Joy Division, l’une où le groupe est assis dans l’église St Eustache à Paris. Et celle avec Ian Curtis, détaché, les yeux vers le ciel alors que les autres sont tournés sur le moment présent.

Le rendez-vous est déjà pris l’hiver prochain pour la 15ème édition dès le 27 février avec les Tindersticks.




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