Le bilan de la Route du Rock #25 par la team de Pop is on Fire

6 rubriques dans ce bilan Rdr pour cette 25ème édition : les coups de coeur, les déceptions, les mentions spéciales, la claque, les découvertes et la carte postale du festival.

Un bilan très positif, cette 25ème édition est passée à toute vitesse !

thenotwist2Les coups de coeur

Sylvain Enfeu : Un grand coup de cœur bien sûr pour Ride (voir les photos) dont je suis fan depuis le lycée. Etre placé à quelques mètres, et juste en face d’Andy Bell, un sacré privilège ! Encore merci la Route du Rock. Pavement plays Slanted and Enchanted l’année prochaine ?
Un autre coup de cœur pour le concert POP d’Only Real (voir les photos) en ouverture le samedi. Parfait.
Un troisième pour la classe de Timber Timbre, un concert aussi bon que celui donné à Rennes. Grande classe.
Et quel bonheur de revoir Thurston Moore triturer sa guitare à Saint-Malo avec en plus la bassiste de My Bloody Valentine pour l’épauler.

Vincent : La Route du Rock, c’était (comme d’habitude) très bien. Musicalement toujours aussi irréprochable, le festival a aussi passé un cap cette année en présentant enfin une seconde scène digne de ce nom. On ne change rien, les gars !
Le vendredi, premier soir au Fort, le concert de Timber Timbre a été impressionnant de tension. Privé des arrangements (choeurs, cuivres et cordes) qui peuplent ses albums, le leader Taylor Kirk a le talent de réinventer ses morceaux pour la scène, dans des versions plus arides mais aussi intenses. Un grand groupe, un poil sous-estimé. Le dimanche, malheureusement programmé un peu trop tôt, le concert de Father John Misty a également été mémorable. On savait Josh Tillman grand chanteur et songwriter, on l’a découvert parfaitement hilarant, et assez fascinant, en entertainer désabusé. Et son groupe vaut vraiment le détour. Parmi les bons moments du week-end, citons également les sets du Thurston Moore Band, du Fuzz de Ty Segall, toujours impressionnant d’énergie, et de Hinds, extrêmement agréable malgré ses imperfections.

Stéphane : Pour Björk. C’est qu’on en a croisé des divas, des boudeuses, des écorchées vives, sur les scènes et ailleurs… Mais là, chapeau bas. Oui mais… J’ai donc échappé à votre dernier album qui a l’air de vous être maintenant aussi pénible à vous, chère Björk, qu’à moi. La place libérée, encore chaude et glaciale, fut même acceptée dans l’urgence par Foals. Dont je préfère le rock plus froid des débuts, mais qui assura avec classe. Un concert, très chère Björk, que je ne suis pas prêt d’oublier.

Maxime : La maîtrise bluffante de The Districts, le morceau Death joué en fin de set par Viet Cong, la nouvelle disposition de la scène des remparts faisant face à la grande scène.

Sylvain P : En vrac, je garderai en mémoire les triturations de Thurston Moore, le son décapant de Fuzz, la très grande classe de Timber Timbre et surtout l’excellent set de Ride : c’est toujours un risque de programmer d’anciennes gloires et là il faut bien avouer que cela valait le détour !

Manu : J’ai adoré à la Nouvelle Vague le concert remarquable, dansant des allemands de The Notwist (voir les photos), avec des morceaux imparables, revisités de Neon Golden et du dernier album ! Génial ! La fraîcheur pop du jeune londonien d’Only Real, le set dansant de Kiasmos, avec Olafur Arnalds et Janus Rasmussen, à l’apéro sous un grand soleil, parfait ! Ride, même si je ne suis pas une fan de la 1ère heure et que je ne connais pas assez, j’ai beaucoup aimé ! Enfin, le classieux Taylor Kirk de Timber Timbre et le set barré, dansant de Dan Deacon.

vietcongreduiteLes déceptions

Sylvain Enfeu : Ride n’a pas joué le titre OX4.
D’accord avec Vincent, petite déception pour Viet Cong et son énorme son (par contre, quel dernier titre).
La défaite du Pop is on Fire FC aux tirs au but face à une équipe dont un joueur a osé porter un maillot jaune et vert du FC Nantes Atlantique Vendée. Très dur à encaisser pour nous les rennais.
Pas de jeu concours Rdr cette année pour les lecteurs de Pop is.
Je n’ai pas autant entendu les Magnetic Friends cette année ou alors je deviens complètement sourd.

Vincent : La déception (toute relative) : Vu le niveau de mes attentes, il y avait de bonnes chances que ça arrive. Viet Cong a sorti début 2015 un très grand disque, parmi les plus impressionnants des derniers années. Le concert du groupe canadien n’était malheureusement pas tout à fait de ce niveau. La faute à un son trop « lourd » à mon goût et au manque d’implication de Matt Flegel, le chanteur-bassiste, visiblement mal à l’aise. Ceci étant dit, le set a vraiment décollé par moments (notamment sur le final, Death). Et observer les guitaristes Daniel Christiansen et Scott Munro entremêler leurs arpèges reste une expérience assez unique.

Stéphane : A part le vin rouge de la buvette, je ne vois pas…

Maxime : Le concert de Foals (voir les photos). Si leur venue de dernière minute en lieu et place de Björk a été saluée à l’unanimité, les britanniques ont pourtant livré un concert bâclé. De nouveaux morceaux peu convaincants, une setlist déséquilibrée, le tout en une petite heure. Une prestation à mille lieues de leur standard sur scène. C’est bien dommage. La batterie erratique de Spectres.

Sylvain P : Malgré un bon album, j’ai eu du mal à rentrer dans le set de Viet Cong, même s’il y avait un peu de mieux sur la fin… De même, j’ai été assez déçu par les Hinds, j’aime beaucoup leur EP mais le rendu était très « aléatoire ». J’ai trouvé la prestation de Ratatat assez plate, mais n’en attendant pas grand chose, on ne peut pas parler d’une grosse déception… Enfin j’ai été relativement déçu par le set de Foals, ce n’est pas désagréable, mais je trouve cela relativement formaté et au final, j’en ressors sans émotion…

Manu : J’ai été déçue qu’il n’y ait pas plus de concerts indie pop. La soirée du dimanche m’a paru plus longue. Je ne me suis pas assez attardée au stand labels et fanzines : manque de visibilité peut-être, il aurait été pas mal à la place du camion de bouffe Berliet. Et enfin, un prix pour la soirée du jeudi soir à la Nouvelle Vague aurait été sympa, pour ceux qui avaient déjà leur pass 3 jours.

Mentions spécialesgscenerdr

Sylvain Enfeu : A la team de la Route du Rock pour le nouvel aménagement (voir les photos) à l’intérieur du Fort (2ème scène au top, plus de toilettes, de tables…). Bravo à vous !
A Fred et Régis qui ont organisé une nouvelle fois Sport is not dead sur la plage le dimanche après-midi. Belle ambiance et musique indé en short (Sonic Youth, Blonde RedHead…). J’aime.
Au Pop is on Fire FC qui s’est qualifié pour les demi-finales du tournoi de foot en fumant des bières et en buvant des clopes. Exploit.

Vincent : Qu’attendre d’un groupe iconique (en tout pour moi) qui rempile 15 ou 20 ans plus tard pour profiter – financièrement notamment – d’un retour de hype ? Qu’il réinvente ses chansons, les projette dans le 21e siècle, comme a apparemment – je n’y étais pas – très bien su le faire The Notwist au cours de la soirée d’ouverture du festival ? Ou simplement qu’il fasse revivre, avec le respect qu’ils méritent, des morceaux devenus classiques, pour le plus grand plaisir des fans ?
Ride a clairement choisi la seconde option, la moins risquée sans doute. Mais le quatuor de Bristol l’a fait avec maestria : énorme son, setlist quasi parfaite et belle énergie. On peut être circonspect sur la pertinence et les motivations du projet, mais ce fut vraiment un grand moment de plaisir.

Stéphane : Ben, à Ride, forcément ! J’avais peur du traquenard, du poids des ans sur Mark et Andy voire d’une possible usure, et du passage de ce dernier dans le gang Gallagher, du possible concert de 30 minutes de cachetonneux… Au final ce fut une excellente surprise. Mark passionné et heureux, Andy, légèrement diesel et en définitive impeccable.

Maxime : A Flavien Berger sur la plage de Bon Secours, qui aura réussi à ameuter de nombreux festivaliers à 16h devant cette petite scène. Entre cabotinages et synthés savamment conjugués aux nappes préenregistrées, un premier concert idéal avant de rejoindre le fort le vendredi.

Sylvain P : La grosse mention va pour moi à l’organisation, cela faisait longtemps que l’on attendait cela et il faut bien avouer qu’entre les travaux et la nouvelle disposition des scènes, c’est le festivalier qui en sort gagnant ! Il ne manquerait plus que l’on bascule vers une alternance systématique des concerts entre les deux scènes pour éviter les attentes et cela serait selon moi parfait.

Manu : Très bon choix des deux scènes face à face, le confort au Fort, merci la team de la Rdr ! Belle exposition de Richard Bellia également (voir les photos). Enfin, retrouver les gens qu’on aime au festival et au camping, c’était cool !

RDR2015_12La claque

Sylvain Enfeu : La claque est arrivée dès le premier jour avec The Notwist qui ont joué l’album Neon Golden à la Nouvelle Vague. Génial concert !

Vincent : Jusqu’ici, j’avais été incapable d’entrer dans les disques de The Soft Moon, pas plus d’ailleurs que dans ses concerts. Et là, miracle : j’ai totalement marché. Pourtant, le projet esthétique n’a pas fondamentalement changé (saluons-en même la constance) : sa musique reste toujours aussi sombre, martiale, inconfortable. Mais samedi, Luis Vasquez et ses deux musiciens l’ont porté sur scène avec une puissance et une urgence impressionnantes.

Stéphane : Balancée par Girl Band. Comme prévu. Et je me retrouve maintenant avec deux joues rosies puisqu’il s’agit bien d’une deuxième gentille baffe, après celle envoyée par ces mêmes Irlandais lors du dernier Villette Sonique. Au micro un hurleur débraillé, des titres violents, raides, tendus et parfois, mais oui, dansants… Qu’ils se compressent en 20 secondes ou tabassent plus de 5 minutes : c’est jouissif et défoulant. En fin de set je me sentais comme l’archer après le tir, ou la cocotte minute débarrassée de la vapeur. Tant de pression expulsée… Presque effrayant.

Maxime : The Soft Moon. Avec une guitare cèdant de l’ampleur pour gagner en précision et des lignes de basse tout aussi martiales qu’en 2012, lors de leur premier passage à la Route du Rock, le groupe est devenu une valeur sûre et la nouvelle assurance de Luis Vasquez au micro est une vraie réussite.

Sylvain P : The Districts et de loin ! En plus d’avoir un son très sympa sur album, la jeune bande de Philadelphie fait preuve d’une pêche et d’une assurance surprenantes sur scène, à ne pas manquer si vous avez l’occasion de les (re)découvrir -ils seront notamment à l’affiche de la prochaine tournée des Inrocks-.

Manu : Pas de claque cette année.

La découverte

Sylvain Enfeu : J’ai découvert Girl Band live et j’ai un peu halluciné. Je me demande encore comment le chanteur arrive à enchaîner les dates en chantant (hurlant) ainsi. Enorme énergie et un groupe qui ne respecte aucun schéma (pas de couplet/refrain). Très intéressant à voir au moins une fois.

Vincent : C’est un des trucs que je préfère à la Route du Rock : ces concerts pop du début de soirée, sous le soleil et un verre à la main, dans un fort tranquillement en train de se remplir. Cette année, le set d’ Only Real a réuni tous ces critères. Pas totalement convaincant sur son premier album sorti cette année (Jerk at the End of the Line), le chaton Niall Galvin a été parfait samedi.

Stéphane : Saint-Enogat, quartier chaleureux de Dinard, discret, accueillant, mignonissime, aux maisons séduisantes qui semblent nous sourire en coin. Voilà pour ce qui n’a rien à voir avec le festival. Car, oui, je l’avoue, honteux mais c’est l’âge, je me suis limité aux groupes que je connaissais.

Maxime : Kiasmos. Malheureusement programmé trop tôt le vendredi, le duo avait pourtant un son original et une bonne énergie à offrir.

Sylvain P : Petite mention pour l’agréable pop des Only Real, le chanteur Niall Glavin était très à l’aise et le set s’est avéré très sympa pour commencer tranquillement le samedi au fort.

Manu : Dan Deacon live ! Je n’avais rien vu de son set en 2011.

La carte postale du festival

Sylvain Enfeu : Cette année la carte postale vient de Dinard où nous avons campé : la faute à la fermeture récente du camping municipal Les Nielles à Paramé par les élus de Saint-Malo.
Autre souvenir fort agréable, prendre le pastis au camping avec Nath et Skittle Alley de Limoges et Manu et Stéphane. PopFest is not dead !

Vincent : Samedi soir, sans doute aussi perplexes que moi face au concert de Foals, une bande de joyeux festivaliers divague du côté de la scène des remparts. Quand soudain certains s’emparent du foin entassé là pour assécher quelques flaques et se lance dans une mémorable bataille, digne d’un pétage de plomb de dortoir d’internat. En vrai, ça donnait ça et ça restera comme un des moments les plus drôles de cette édition 2015.

slapetStéphane : Introducing Slapette (cf photo droite)

Maxime : Le T-shirt Björk du chanteur de Spectres, Thurston Moore se baladant sur la plage du Sillon samedi matin, le titre Back to the 101 d’Albert Hammond Jr. entendu pendant Sport Is Not Dead, entre deux matchs de Pop Is se hissant jusqu’en demi-finales.

Sylvain P : La première image est celle de l’arrivée sur le fort le vendredi, après une journée très humide, et de découvrir ce nouveau site « praticable ». L’autre image est celle du dimanche après-midi passé tranquillement avec la team sur la plage et sous le soleil pour le Foot is not Dead : quelques petits hold-up et une demi-finale à la clé !

Manu : Je garde en tête Kiasmos, avec le soleil sur le fort, à l’heure de l’apéro !




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