Route du Rock : retour sur la soirée du samedi

Battles, le meilleur concert de la route du rock ?? On a aussi aimé Blonde Redhead.

Still Corners (par Camille)

Ouvrant une soirée cauchemardesque pour nombre de festivaliers, les Anglais de Still Corners avaient pourtant des atouts à faire valoir, malgré une pluie de plus en plus tenace.
Avec leur dream pop en clair-obscur, qui rappelait par moment Beach House, la luxuriance mélodique en moins, et la voix éthérée de la délicieuse Tessa Murray, les Still Corners ont su convaincre une foule clairsemée mais enthousiaste.

Low : un très bon concert gâché par… (par Sylvain G.)

La dernière fois que j’ai vu Low en concert, c’était à la Route du Rock Hiver. J’aime beaucoup le dernier album du groupe, très calme et beau, “C’mon”. Les autres aussi, leur musique m’apaise.
Je me place au 4e rang, visibilité presque parfaite (et oui, j’ai des lunettes sans essuie glace incorporé). Je retrouve rapidement ce que j’apprécie chez le groupe (à 4 sur scène), cette électricité maîtrisée et Mimi, debout derrière les fûts et au chant. Le garçon aux claviers situé à droite avec ses lunettes rouges m’interpelle, pas un regard vers nous…
Le titre Monkey de The Great Destroyer me prend, Try to Sleep aussi.

Mais comme annoncé, mon concert sera gâché par deux connards (un couple bourré avec une perruque jaune) qui ont débarqué au bout de quelques morceaux. Friction, tension… Restons calmes. Ils finiront par partir (interminable), sans avoir regardé une seule fois la scène. J’espère qu’ils ont terminé la soirée la tête dans la boue. Voilà, le concert était vraiment top. Du slowcore parfait. Du pur Low.

Cults (par Camille)

Attendu au tournant, le duo de San Diego (auquel s’ajoutaient trois autres musiciens pour l’occasion), à la pop à la fois sombre et lumineuse, devaient être le rayon de soleil de la soirée. Pour écarter les nuages, il aurait malheureusement fallu être un messie ce samedi soir, et c’est sous une pluie compacte que Cults a mené son set tambour battant, attaquant directement par Abducted.

Si certains ont pu regretter que l’exercice de la scène ait fait disparaître la patine « fait maison » de l’album, le chant clair de Madeline Follin en a ravi d’autres, notamment sur des morceaux comme You know what I mean, et le désormais hype Go Outside. Le duo, visiblement ravis d’être là, communiquait abondamment avec un public “de soldats prêts à braver la tempête”, pour reprendre leur expression.

Sans dissiper la pluie, la pop acidulée de Cults a néanmoins su réchauffer les cœurs et les âmes des festivaliers transis. Et pour l’anecdote : Madeline Follin et Brian Oblivion ont cherché, pendant le concert, leur ami Peter, venu de San Diego, qui s’est révélé être notre voisin de tente. Découragé par la pluie, Peter a oublié l’heure et manqué la prestation de ses amis.

Blonde Redhead : Kazu a illuminé ma soirée (par Sylvain G.)

L’un des meilleurs concerts selon moi, avec Mogwai cette année. Pourtant ce n’était pas gagné pour le trio de New-York, auteur d’un dernier album décevant avec ses guitares au placard.
Vont-ils reprendre la suite de leur concert interrompu en 2004 par la pluie ? Voilà notre grande interrogation avant le début du live. En effet, suite à une interview de François Floret sur la radio rennaise Canal B quelques jours avant le festival, l’idée nous trotte dans la tête.

Premier élément de réponse : les guitares sont bien là et quand Kazu gratte face à l’un des 2 jumeaux, c’est assez magique. L’électricité est bien présente et les synthés au second plan, tant mieux. Et bien sûr il y a Kazu, qui va tomber assez rapidement le blouson pour se dévoiler dans une roble blanche, je tombe sous le charme… Quelle voix, quelle présence scénique, j’ai adoré.
X. X, X. Alex, I’m your only friend… Le titre In Particular du LP Melody Of Certain Damaged Lemons sera joué, parfait. Kazu laissera aussi le micro sur Spring And By Summer Fall, par exemple, issu de l’album 23 (la chanson du même nom sera également interprétée). Un très bon concert !

The Kills (par Sylvain P.)

Et c’est parti pour la tête d’affiche du samedi soir. Pas une nouveauté, puisqu’après les éditions de 2004 et 2009, les Kills reviennent une troisième fois à la Route du Rock.
Le concert avait préalablement fait parlé de lui avec l’un des buzzs du week-end : Kate Moss (madame Jamie Hince pour ceux qui ne sont pas encore au courant) est-elle présente au fort ? Au grand désespoir de tous les aficionados des news people, Madame n’aura, cette fois, pas fait le déplacement, les dates australiennes étaient probablement plus dépaysantes…

Place à la musique, le set commence, toujours sous des trombes d’eau : “Fucking rain” comme le dit si bien Jamie. La prestation est plus propre que les précédentes, le duo gagne à mon sens en cohérence. Il y a toujours un truc qui me dérange depuis le temps : je ne comprends pas pourquoi les Kills ne font pas l’effort de se payer un batteur pour remplacer la boite à rythme. Ils se défendent en disant que le groupe perdrait son identité, je trouve surtout qu’il perdrait un côté “calculé” assez dérangeant en live.

Pour le reste, la mayonnaise prend plutôt bien, le duo est toujours complice, même s’il y a moins de rapprochements qu’auparavant. Jamie Hince est aussi électrique, emmené par les compositions plus “blues” du dernier opus Blood Pressure. Alison Mosshart chante de mieux en mieux, sa voix est maintenant un peu plus grave et plus juste.
Les titres s’enchaînent et nous offrent un peu plus de variété avec notamment un passage au calme avec Jamie au piano accompagnant Alison seule au chant, une réussite. L’ambiance a, elle, du mal à prendre, cela s’améliore en fin de set avec l’arrêt (enfin) de la pluie. On termine, c’était un bon set, une performance toujours brute.

Battles (par Sandra)

Se réveiller le matin de leur concert avec les rythmes d’Atlas ancrés dans la tête, ça ne pouvait être qu’un signe de persécution expérimentale annoncée. L’obsession du jour donc : vérifier l’extravagance des mecs sur scène.
2 h 30 et 230 mm au pluviomètre. Mouillés, grelotant et fourbus. Une foutue ambiance de désertion devant la scène, un dilemne se pose à nous : rentrer se débarrasser de ses fringues collantes ou tenter de se réchauffer en mettant en pratique la technique du frisson tout juste acquise (ou presque), l’envie de frissonner gagne la bataille…

Pour ce faire, une batterie (avec l’emblématique cymbale surélevée) à vous donner des spasmes de délectation, des machines jonchées au sol qu’on vient souvent bidouiller, des guitares et autres claviers qui côtoient les mêmes mains… Et la chanteuse de Blonde Redhead de s’inscruster dans le combo, cachée sous sa capuche (pourtant elle, elle est au sec !). Ce double écran vertical façon paravent lumineux, où apparaît le featuring virtuel de Mathias Aguayo sur le morceau Ice Cream qui entonne les désormais fameuses paroles ésotériques : « Dame un helado derritiéndose, Siiiiiiimple Yeeeeees my friend ! ». On s’en lèche les doigts… Ah, si nos baskets ne menaçaient pas de rester enlisées, on se ferait un plaisir de sauter dans la boue.

Après six heures de pluie, il fallait un miracle pour nous faire rester et aimer ce dernier set de la soirée. Cette nuit, le miracle se nommait Battles.

Pas nombreux à être resté jusqu’à Battles, nous étions encore moins (c’est-à-dire zéro) pour le concert, sur la petite scène, de Dirty Beaches. “Too Much Rain, too Fucking Bad”.




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