Charlotte est de retour de Rock En Seine

Un festival de plus en plus important en terme de capacité, de qualité de programmation et d’envergure des artistes, Rock en Seine est aussi devenu un festival que j’affectionne de plus en plus.

Peut-être l’un des seuls de sa taille à oser programmer des nouveautés sans trop avoir peur d’être boudé…et ça marche, parce que entre 2 groupes un peu frais, c’est une machine de guerre parfaite qui monte sur scène pour démonter le public…RES 2011 commence encore une fois avec retentissements.

Jour 1 : Guerre et Paix

Pourtant arrivée à Paris quelques jours avant Rock En Seine, je n’ai pas pu m’empêcher d’être en retard pour le 1er concert, je ne sais pas, je dirai qu’une heure entière a disparu ce jour là, mais bref, toujours est-il que j’ai manqué Edward Sharpe & the Magnetic Zeros. Ça commençait mal, je venais de manquer l’un des groupes sur qui je comptais pour me faire oublier la grisaille et la pluie parisienne…En y repensant, j’ai compris que j’avais déjà perdu 25 minutes à traverser le site encore agrandi d’une scène, la « Pression Live », c’est d’ailleurs ce que j’ai bu en y arrivant finalement, mal situé, loin, en pente, j’étais déjà exténuée, sans même avoir vu de concert !

Retour vers le centre principal des activités, on va voir Biffy Clyro. Je ne suis honnêtement que peu sensible à la musique du groupe écossais, mais commencer Rock En Seine par un festival de poilus tatoués annonçait une grande année. De la testostérone, des petits moments d’émotions pudibonds et des gros hochements de tête, Biffy Clyro lance la catégorie « bourrin-romantique » et ça fonctionne pas trop mal auprès d’un public qui s’échauffe tout juste ! Je regretterai tout de même la transformation du chanteur en une sorte de cousin machin…trop de cheveux long, trop de barbe…

J’enchaine avec le début des hostilités, des attaques frontales, des agressions gratuites, bref, j’entre en guerre avec Odd Future ! La jeune brigade californienne (oui, je comptais sur eux pour le soleil) se transforme en escadron de la mort ambiançant les festivaliers encore un peu rare, jusqu’à leur casser leur petites pattes arrières ! Ouais, Odd Futur Wolf Gang Kill Them All, c’est violent, c’est vulgaire, c’est drôle et ça te retourne la tête mieux que du gaz moutarde, te fais fumer de la weed et niquer la police…la guerre civile sur le dancefloor est lancée !

Bon, après cette tuerie, il me fallait une petite pause…direction la Bodega. Parce que c’est aussi ça qui est bien à Rock en Seine, des bar à thèmes super sympa, 1,5 tonnes de trucs à vendre sur les stand des voitures, des téléphonies, de boissons énergétiques ou alcoolisées, ah pardon, ça c’est un bar, qui s’avèrent être très pratiques quand il pleut ou que tu n’as rien à regarder…Bon effectivement, tout est fait pour te pousser à la consommation…

Après le tour des stands de merchandising (pris d’assaut par les t-shirt Foo Fighters, qui ne voulaient déjà pas être sur le t-shirt rock en seine pour ne pas partager de droits avec les autres artistes), mais en plus, ils ont carrément un stand à eux ! Je repasserai plus tard près de la grande Scène, devant la décevante prestation de CSS qui a résolument perdu sa fraicheur et son talent pour écrire de bonnes chansons pop, direction Grouplove, des Californiens, des hippies, des cheveux long, de la fête, de l’amour et de l’humour, qui aura à lui seul ramené le soleil dans mon petit cœur, on est peace…Mention spéciale au bassiste Sean !

Et puis arrive l’arme de destruction massive : Foo Fighters ! Un Dave Grohl qui veut tout donner un show de quasiment 2 heures, qui aura ravi un public déchainé. Une énergie impressionnante même lorsqu’on est pas spécialement fan de ce genre de musique, j’admets avoir été bluffée par tant d’énergie. C’était LE concert attendu du vendredi soir et qui valait vraiment le coup ! Après ça, Paul Kalkbrenner était tout fade, tout triste, tout honteux de ne pas avoir autant de talents que les Rockeurs de Seattle…enfin, c’est ce qu’il paraissait.

Jour 2 : Saint Cloud, Saint Patron des rockeurs et des marcheurs.

Cette journée sera l’apogée des kilomètres de métro avalés depuis plusieurs années, avec environ 6 traversées entières du site de St-Cloud. Mes pieds, cuisses et mollets m’en veulent beaucoup.

Arrivée sur « Say Yeah » des Hushpuppies, je ressens la tension sexuelle entre le chanteur et le public directement et décide de rester apprécier les chansons pop rock du groupe français, qui n’a malheureusement pas été honoré par le soleil et dernièrement aussi par les bonnes chansons, mais la fraicheur est toujours là.

Enchainer avec Gruff Rhys ne fut pas une mince affaire, enfin, c’est surtout que je ne pensais pas faire une pause si tôt dans la journée…Malgré une jolie folk, lancinante qui va bien avec la douceur estivale, je dois avouer que rien ne se passe. Le groupe reste coincé dans ses compositions, il n’y a pas d’âme dans tout ça et c’est bien dommage…

Je cours ensuite à Blonde Redhead qui livre une prestation encore meilleure qu’à la Route du Rock, pas de pluie peut être ? Puis nouvelle course pour aller voir les Finlandaises du Corps Mince De Françoise, dont la formule électro-clash a complètement changée en 2 ans, rendant le groupe un peu plus commun qu’à l’origine, mais toujours avec un set super dansant.

Mike Skinner Le Magnifique arrive ensuite livrer un set puissant, tout le monde se met d’accord, tout le monde en une espèce de communion des genres, devient un instant un petit Mike Skinner. Après avoir fait le public s’accroupir pour Amy Winehouse et organisé un cercle de ce beau public se donnant la main (et on ferait tous des cœurs avec les doigts, parce qu’on s’aime tous) tout le monde restera convaincu qu’un grand moment du festival vient de se passer.

Bon avec tout ça, j’ai loupé Austra…Je vais me rattrapé sur CocoRosie…enfin, c’est vite dit. Il faut tout de même admettre que l’électro-pop aérienne des frangines farfelues ne correspond pas vraiment à un festival et elle n’ont pas non plus un public de festival à la base, tout ça rendant l’interprétation plutôt moyenne, voir désagréable sur certains titres à cause de la voix haut-perchée de …

Un petit peu de Keren Ann pour souffler, puis Wu LYF ! Une musique puissante, violente autant que délicate et chargée en émotions. Les Mancuniens font preuve d’une énergie débordante et d’un charisme à des hauteurs presque religieuses. La ferveur et piété du public seront le témoin de cet instant.

J’enchaine avec les Arctic Monkeys pour quelques titres qui offrent une belle prestation, mais les rockeurs, j’en ai un peu ma claque pour ce soir, je préfère aller détruire ce qui me reste de muscle dans les jambes sur Sexy Sushi, crier « à mort Arctic Monkeys » et me mettre à genou dans la boue en priant Rebeka Warrior comme un chien….oui, le samedi s’est bien fini…

Jour 3 : Et Dieu créa la Femme

Etre en retard 3 jours de suite pour Rock En Seine et manquer un ou 2 concerts : check. Je me demande si ça peut m’apporter des points en plus sur Foursquare ?! Bref, arrivée pour Lilly Wood And The Prick, que je voulais vraiment voir. Les jeunes français livrent un concert excellent, la relation avec le public est là, on reprend en cœur des tubes pop. La fascinante chanteuse avec sa voix puissante, maitrisée avec encore de belles choses à offrir, fait déjà figure de petite illumination dans ma journée. Un groupe pop bien fait qui mériterait des prétentions internationales. Petite pause, Concretes Knives, petite pause Anna Calvi ! La passionnée et passionnante anglaise m’a captivé, happé dans son univers dès les premières notes. Une voix puissante et fragile à la fois qui révèle l’émotion profonde des titres bien ficelés et magnifiquement arrangés pour le live.

Bon entre temps, j’ai loupé The La’s qui d’après le public ont gagné la palme du canular de l’année tellement leur prestation était pathétique. Je me décide à faire un tour vers la Grande Scène, voir Deftones. Je ne sais pas si c’est le son, d’un point de vue technique ou l’ensemble, mais ce groupe me laisse définitivement insensible, de glace. Un moment insupportable devant un chanteur sans charisme et un groupe sans chaleur…

Ma journée est presque finie, j’attends la déesse suédoise Lykke Li en me réjouissant d’avoir réussi à éviter soigneusement les Simple Plan, My Chemical Romance et autres Justin Bieber dépressifs. Je bois ma dernière bière du festival, fume une dernière cigarette, la scène s’illumine. Lykke Li arrive dans sa toge sombre telle une incantatrice, plaidant la dance dance dance. En quelques roulements de tambours, le public captivé entre en transe pour remuer tout son corps sur les rythmes tribalo-rock-électro de l’incarnation même du mot dithyrambique. Lykke Li aura ce soir incarné à elle seule mon amour pour la pop. C’est terminé, elle quitte la scène, je pleure. Le festival est terminé, je quitte la Seine, je pleure.




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1 commentaire

  1. 01/09/2011 at 7 h 59 min — Répondre

    Maxime était également à RES :

    Maxime V –
    Vendredi : je suis allé voir Seasick Steve qui a fait venir Alison Mosshart pour un titre. Très bon moment. J’ai apprécié Odd Future également. Le concert de Funeral Party était passable, sans plus. Gros niveau de Jamie Hince pendant les Kills malgré une mauvaise qualité de sonorisation.

    Samedi : Cage The Elephant a été bon mais inégal.Les Birdy Hunt ont eu droit à un des meilleurs accueils du festival, bon concert. Dommage que tu aies raté Austra, c’était superbe même si j’aurais bien voulu assister à l’intégralité du concert de The Streets. J’ai aussi adoré Interpol et apprécié la prestation des Arctic Monkeys

    Dimanche : Le concert de The La’s était effectivement ignoble. Très bonne énergie de Miles Kane avant le concert splendide de The Horrors qui ont proposé à mon sens une excellente setlist. Souvenirs de collège pendant Deftones. Une conclusion de festival parfaite avec Trentemoller, bien aidé par une configuration rock accompagnant les samples.

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