Concert pour les dix ans de la Radio Sing Sing

Sing Sing est une radio associative non commerciale –entendez indépendante– de Saint-Malo. Retour sur la soirée du 28 mai.

 La plage du Vieux-Bourg et moi, c’est une longue histoire d’amour. Depuis ma tendre enfance, il ne s’est (presque) pas passé un été sans que je ne fasse dorer ma pâle pilule sur le sable jaune de la plage de l’Anse du Croc. Mais ce 28 mai, un énorme chapiteau rouge est venu troubler l’habituelle tranquillité de ce site d’exception. En lieu et place des touristes hollandais qui sont toujours les premiers à se faire mutiler les pieds par les vives (petits poissons à épines logeant sous le sable et infligeant des piqûres au pied du malheureux qui marche dessus), nous retrouvons une foule visiblement unie par un intense lien capillaire. En effet, le mouvement rasta était à l’honneur à l’occasion du concert célébrant les 10 ans de la Radio Sing Sing.

Pour être tout à fait honnête, avant qu’une amie ne me fasse part de cet évènement, je n’avais jamais entendu parler de cette station. Normal, je serais tenté de dire, puisqu’il n’est possible de capter celle-ci que dans les environs de Saint-Malo – et encore!

Bref, pour les ignares, Sing Sing est une radio associative non commerciale -entendez indépendante – dont le but est de proposer une sélection musicale éclectique tout en faisant découvrir des talents méconnus ;  et tout cela – comble du bonheur – sans coupures publicitaires intempestives. Assez proche dans sa philosophie de Radio Nova, Sing Sing aura réussi l’exploit de survivre à la concurrence en fidélisant progressivement un nombre non négligeable d’auditeurs.

Refusant de souffler ses 10 bougies toute seule, l’équipe de bénévoles de Radio Sing Sing s’est donc décidée, assez tardivement selon mes sources, à fêter cet anniversaire comme il se doit. Pour cela, les organisateurs proposent comme tête d’affiche la formation reggae Groundation pour un « tribut » à Bob Marley.

J’évoque le côté visiblement tardif de l’organisation de ce concert puisqu’il faut avouer qu’une fois sur place, les quelques 2000 spectateurs ont dû prendre leur mal en patience. Initialement prévue pour 19h30, l’ouverture des « portes » ne se fit que vers 20h30. Après une fouille en bonne et due forme – qui me permis de réaliser que l’Iphone était devenu la norme en matière de portable reléguant mon pauvre Nokia 5140i au rang de Talkie-Walkie qui, dans une poche arrière, peut être considéré comme une menace potentielle, style cran d’arrêt – nous pénétrons le site. Histoire de satisfaire mon estomac, je me dirige immédiatement vers la file qui s’est formée devant le stand des galettes saucisse.

21h30. Après une très longue heure d’attente, je mets enfin la main sur le précieux sésame. Entre temps, un artiste (un stagiaire? Un gars qui passait par là?) accompagné de sa guitare tenta de chauffer la foule en proposant des compositions personnelles, mélange de Christophe Maé et de Sinsemelia. Autant dire que la répétition ad nauseam de refrains style « donnez moi de l’eau, la terre est sale » laissa l’audience de marbre.

La galette avalée, je me tourne très logiquement vers la buvette. Ils ne prennent pas les espèces. Je dois d’abord me procurer des jetons « Sing-Sing » au stand prévu à cet effet. Un jeton « Sing-Sing » coûte la bagatelle de 2€50. Sur celui-ci, il est indiqué « 2 Sing-Sing ». De retour à la buvette, je constate qu’une bière de 20 cl me sera remise en échange de 2 jetons « Sing-Sing »… 5€ la bière?! Comme tout homo sapiens normalement constitué et assoiffé comme jamais, je me révolte. La Barmaid me rassure en m’expliquant, qu’auparavant, un jeton valait 2 « Sing-Sing », mais que ce n’est plus le cas. Elle m’assure que c’est plus simple comme ça. J’aurais aimé la croire, mais, encore aujourd’hui, je me demande combien coûtait la bière.

L’estomac et le foi enfin rassasiés, ce sont Nina Attal et ses musiciens qui entrent en scène. Cette jeune chanteuse (19 ans) nous propose alors un très sympathique mélange de soul et de funk magnifié par une voix puissante et une énergie assez impressionnante. Il est regrettable que des coupures de courant récurrentes concernant les éclairages soient venues troubler le show. Le fait est que le bénévole responsable des lumières était également en fonction à la buvette. Ceci expliquant éventuellement cela…

Quoiqu’il en soit, le groupe français nous aura offert un spectacle de grande tenue prompt à nous faire oublier les quelques flottements dans l’organisation.

23h30. Les rastas se dressent, les pétards s’allument, les couleurs jamaïcaines illuminent la scène, le visage de Bob Marley apparaît sur un écran, la foule s’amasse… Pas de doute, c’est bien le collectif Groundation qui fait son entrée. Composé de 9 membres (guitare, basse, percussions, chanteurs, choeurs, cuivres…), le groupe occupe toute la scène. Et comme pour Nina Attal, le spectacle est d’une grande qualité, d’autant plus que le groupe a eu la bonne idée d’embarquer leur ingénieur lumière!

En revanche, dans le public, les regards se font de plus en plus vitreux, les mouvements de moins en moins précis. Vers 1h du matin, on retrouve plus de bière par terre que dans les verres, idem pour les substances illicites. Néanmoins, l’ambiance reste bon enfant et va même s’enflammer aux premières notes des plus grands standards du jamaïcain

Plus de 2 heures de concert et 3 rappels plus tard, le groupe tire sa révérence et laisse les spectateurs transits de bonheur face à cet hommage réussi à l’intemporel Bob Marley. Intemporel, en effet, car il est difficile, à la vue de l’actualité récente, de ne pas vibrer à l’écoute de ces paroles: Get up, stand up, stand up for your rights

1h30. Le public, heureux, titube vers la sortie sous la clarté intermittente du Cap Fréhel. A posteriori, on réalise que les petits couacs d’organisations ( probable manque de bénévoles, techniques défaillantes…) n’auront absolument pas gâché l’ambiance « festival » de ce concert. Mieux encore, ils n’auront fait qu’accroître le côté sympathique et « à l’arrache » de l’entreprise, qualités qui sied parfaitement à la philosophie de Radio Sing Sing.

Bref, en quatre mots: vivement les 15 ans!

Faites vous une idée de l’ambiance en cliquant sur le lien suivant:

http://www.youtube.com/watch?v=qKTr3Rkbxec

Posté par : julien



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