Le report de Sufjan Stevens à l’Olympia

Pop is a loupé sa performance mais une lectrice, Pauline Eveno, nous fait revivre son concert. Un grand merci.

Un concert que nous ne sommes pas près d’oublier…

Bienvenue à bord du vaisseau spatial de Sufjan Stevens, ou devrais-dire, de Serge Stevens, qui s’était renommé de la sorte en l’honneur de sa venue à Paris. Pour nous guider dans cette traversée des contrées intersidérales, pas moins de 10 navigateurs vêtus de combinaisons à rayures fluorescentes étaient présents pour épauler le commandant de bord Sufjan : deux choristes, un guitariste, un bassiste, deux claviers, deux trombonistes et deux batteurs. Et c’est parti pour deux heures et demi d’un set psychédélique, déjanté et complètement envoûtant (rappelant par quelques aspects les shows des Flaming Lips).

Première chanson, Seven Swans, un début tout en délicatesse avec Sufjan seul au banjo et au chant, dans une ambiance bleutée, la neige sur l’écran du fond formant des dessins de maisons ou autres cygnes (et signes). Vient ensuite une explosion orchestrale, les choristes déploient leurs ailes de cygnes blancs. Dans un autre contexte tout cela pourrait paraître assez kitsch, mais c’est Sufjan, et le public est charmé. Cette alternance de moments calmes et d’autres complètement hystériques font de ce morceau une porte d’entrée magique vers le royaume surréaliste du dernier album qu’il va nous interpréter en totalité ce soir. Seven Swans se termine, Sufjan déploie ses ailes et nous partons avec lui.

Too much. La chanson est totalement réorchestrée. Derrière, les choristes ont des allures de Power Rangers (rose et jaune ne sont-elles pas les couleurs réservées aux filles dans cette série ?) dansant du RnB. Age of Adz vient dans cette continuité.

Après tout cette folie ambiante, Sufjan s’accorde un petit moment de calme, un « folk moment » comme il l’appelle, et nous interprète Enchanting ghost. Puis il nous dit qu’il fait de la musique pour bouger et invite donc les gens dans la fosse à danser avec lui. Il regarde ensuite les personnes assises au balcon et nous dit : « Ok, bon vous, vous pouvez bouger avec votre esprit », raconte que la prochaine chanson parle de la Physique, d’un niveau de cours élémentaire. I walked.

Il semble que Sufjan ait envie de nous raconter sa vie ce soir. Quand il avait 15 ans il rêvait d’en avoir 30. Et maintenant qu’il est plus vieux, sa seule envie est de redevenir adolescent, de jouer aux jeux vidéos et de manger des bonbons. Tout est question de biologie, et là on est dans la régression biologique en quelque sorte. Il se met au piano et entame Now that I’m older. Sur l’écran on voit une plante se développer puis vers la fin de la chanson toutes ses nouvelles pousses commencent à se rétrécir…

Quand il était petit, il avait peur de tout.

Peur de la télé, peur de l’eau chaude (il ne buvait rien qui soit au-dessus de la température ambiante), peur des choses qui volent, et surtout peur de l’altitude.
Vesuvius parle de ça et c’est le moment clé du concert et pour moi, le plus beau moment. J’ai toujours eu un faible pour cette chanson mais cette version live a surpassé mes espérances les plus folles. Tout dans la musique et le décor, notamment l’écran transparent qui vient se placer au devant de la scène, entre les musiciens et le public, où sont projetées des images de flammes rouges, nous donnent l’impression que Sufjan et sa troupe sont en train de jouer au coeur de ce fameux volcan.

Vient ensuite un portrait de Royal Robertson, artiste schizophrène moteur d’inspiration de Age of Adz. Get Real Get Right complètement déjanté, puis Heirloom seul a la guitare. I want to be well. Magnifique montée en puissance sur Futile Devices pour finir en explosion avec la dernière chanson de l’album, Impossible Soul qui durera près d’une demi heure. Sufjan saute dans tous les sens, déguisé en une sorte de diamant géant il s’enroule dans des serpentins. Tous les musiciens finissent par danser avec lui sur le devant de la scène dans un feu d’artifice de confettis.

Pour le rappel, Sufjan a troqué sa tenue de robot intergalactique pour une tenue plus « normale » pour interpéter trois titre d’Illinois. Il jouera au piano une trop courte mais néanmoins sublime version de Concerning The UFO Sighting Near Highland, Illinois puis John Wayne Gacy Jr. à la guitare.

Enfin, le groupe viendra le rejoindre pour un Chicago très festif. Des ballons, le public est debout, c’est l’ovation. Un concert que nous ne sommes pas près d’oublier…

Merci Pauline ! Ah, on a trop envie de le voir…




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