Route du rock hiver, retour sur le samedi

Suuns, le meilleur concert du festival ?

Esben and The Witch par Sylvain.L

C’est toujours compliqué d’accoler des mots sur telle ou telle production musicale, d’autant plus lorsque l’on a affaire à un groupe comme Esben & The Witch, dont l’univers est complexe et tortueux.

Le projet Brighton(witch) puisque ce trio vient de cette douce ville du Sud de l’Angleterre a tout pour figurer sur la BO du prochain David Lynch.
En effet, on est fasciné par l’univers noir et poisseux qui se dégage de leur musique.

Un des deux guitaristes, Daniel Copeman, cheveux très longs et barbe, est surpris entrain de jouer de la guitare avec une baguette de batterie, le second, Thomas Fisher, est énigmatique derrière ses lunettes.

Rachel Davies, la chanteuse, possède une voix qui n’est pas sans rappeler par moments celle de …Bjork.

Les lumières deviennent des ombres, le chevelu entre en transe, les samples et les arrangements, nous dirigent vers des compositions plus électro, mais qui restent toujours organiques. Ça vit. Esben & The Witch enfourchent leurs balais pour atteindre la vitesse de croisière sur Hexagone IV (le meilleur morceau du set). Rachel peut donner de la percu’ et de la cymbale.

On aurait tort de se laisser rebuter par l’apparente noirceur du propos, sur scène comme sur leur album, il y a de la lumière, certes sépulcrale, mais lumière tout de même.

Vous vous souvenez du nom du premier groupe de Bjork ?
KULK ! Ce qui signifie « sorcellerie » en Islandais…

Guards, nouveau projet de Richie James Follin ! A suivre… par Emmanuelle.B

Samedi, le groupe californien jouait leur 1ère date en France ! Guards ne vous dit peut-être rien, mais The Willowz un peu plus : originaire de la région du sud de la Californie, le groupe a, entre autre, contribué à la bande originale de « Eternal Sunshine of a Spotless Mind », dont le directeur, Michel Gondry, a également réalisé le clip de leur chanson « I Wonder ». Très prolifique, Richie James Follin, 27 ans, a sorti un album solo, Battle (http://richiejamesfollin.com), et revient avec le groupe Guards.
Leur ep de 7 titres, disponible sur Bandcamp en téléchargement,(http://guards.bandcamp.com/album/guards-ep), nous avait alléchés. Richie James Follin se retrouve à la tête de the Guards un peu par hasard apprend-t-on ! Il est sollicité par sa soeur, Madeline Follin, pour écrire pour le groupe Cults..et ensuite repéré via twitter. Eh oui, Cults… on adore le morceau Go Outside (http://www.youtube.com/watch?v=0mrAz5GQHDo) et la cover de l’album sorti en 2010 !

Le groupe prend place. Richie James Follin est accompagné de 4 musiciens, le batteur Loren Shane Humphrey de the Willowz en arrière plan, un bassiste qui nous rappelle le chanteur de Foals, d’un guitariste, qui fait les choeurs, et d’une jeune femme ressemblant assez à sa soeur, assise discrètement près d’une lampe, un synthé un peu étrange sur les genoux. Le set commence dans une ambiance bleutée, avec le morceau « Long Time ». Le décor est posé : sombre romantique, avec trois corbeaux empaillés, le tout ressemblant à un intérieur de chambre anglaise. Ils enchainent avec « Sail it saw » plus lent que sur l’ep, oh oh oh sail it saw…le synthé en fond apporte une touche plus expérimentale, plus originale que la batterie. Un titre plus rock, avec « Don’t wake the dead » fait bouger le public de la rdr, et nous sort de notre léthargie. Le set est ponctué par la voix nasale de Richie, avec des thanks you very much. On fredonne après sur un american slow avec Crystal Truth. C’est beau ! On aime ce grand gars déguingandé aux cheveux longs, et le bonheur qu’il nous offre !
Fin du set sur « I see it coming »…
Déçus de ne rien trouver au stand merchandising, on voulait l’acheter nous cet ep ! Tant pis on prendra une bière..

Isobel Campbell & Mark Lanegan, la classe par Sylvain.G

L’un des concerts que j’attendais le plus à la rdr avec la présence de l’ex-Belle and Sebastian (groupe culte ici), Isobel bien sûr et un ancien Queens of the Stone Age, Mark Lanegan. Ou la rencontre de 2 styles, 2 voix si différentes, l’une d’une douceur et d’une gentillesse extrême et l’autre, grave et plus dure.

J’ai trouvé le concert très classe, très calme aussi, le son très bon et les voix magnifiques live. Les critiques se porteront plus sur le jeu de scène du groupe : effectivement Mark se planque (pas de lumière sur lui) et reste immobile derrière son micro. Les regards se tournent donc le plus souvent vers Isobel, très souvent assise avec son violoncelle, elle se plante dans l’introduction d’un titre et se marre… Seul petit moment de partage du concert, c’est peu effectivement. Autre moment assez incroyable, quand elle ne chante pas ou ne joue pas du violoncelle, elle reste assise, le regard un peu perdu, absente comme si elle n’était pas à sa place sur cette scène…

Retour à la musique car quand arrive le titre « Time of the Season« , c’est parfait pour moi, trop beau, la magie est là. J’aime ce côté romantique et sombre. La fin du set sera différent avec le titre « Ramblin Man » et son côté blues plus présent.

The Pains of Being Pure At Heart par Vincent.M

Après trois jours en dents de scie, avec quelques hauts (James Blake, Dean Wareham en ce qui me concerne), quelques bas (CWK pour ne pas les citer) et pas mal d’eau tiède, La Route du Rock Hiver a offert en guise d’épilogue un joli combo, en enchaînant Pains of Being Pure At Heart et Suuns. Une figure risquée, tant les deux groupes incarnent deux courants assez opposés de l’indie-rock – lumineux et ultra-référencé pour les uns, plus sombre et aventureux pour les autres.
Je suis toujours un peu étonné par la hargne que suscitent les Pains, notamment chez les tenants d’une certaine orthodoxie rock. Trop pop sans doute, trop ouvertement revivalistes, trop jeunes. Enlevez les « trop », et vous tenez trois des raisons, en plus d’un évident talent mélodique, qui me font adorer ce groupe.


Sur disque au moins : j’ai été un peu moins emballé par leur performance live. Contrairement à leur réputation, ils sont assez loin du shoegazing, au sens strict. Le chanteur Kip, notamment, fait pas mal d’efforts pour incarner ses chansons. Malgré tout, la marge de manoeuvre du groupe sur scène reste très limitée. Le batteur, médiocre, empêche toute fantaisie, et le concert file, plaisant mais un peu vain.

Suuns, le meilleur concert du week-end par Vincent.M

Le contraste avec Suuns est, du coup, saisissant. Dès le début du set plane une sensation de danger, d’imprévisible. La montée en tension est savamment assurée par une longue intro. Puis le groupe libère une énergie assez sombre, et enchaînent « Arena », « Armed For Peace » ou « Gaze », entre autres morceaux de bravoure de leur excellent premier album. Le groupe goûte visiblement une certaine noirceur synthétique (Suicide en référence évidente), un rock tendance bruitiste mais aussi un psychédélisme plus mélodique, dans la veine de Grandaddy. Au final, la synthèse qu’il propose est assez fascinante. Le meilleur concert du week-end, d’assez loin.

En bonus : Discodeine. Programmé à l’Escalier, boîte de nuit locale, les deux bidouilleurs de Discodeine ont parfaitement réussi dans leur entreprise : mettre à l’envers la jeunesse dorée de Saint-Malo qui évidemment ne demandait que ça. Excellent set.




Previous post

Le reportage Off de la Route du rock hiver 2011

Next post

Un joli disquaire à Vannes

Pas de commentaire

Mettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *