Quand les femmes s’en mêlent…

Compte-rendu du festival « Les femmes s’en mêlent », le mercredi 24 mars au cabaret électrique avec The Tiny.

C’est devant un public clairsemé que s’est ouvert, en ce mercredi 24 mars 2010, le festival « Les femmes s’en mêlent » au Havre. Tout au plus une trentaine de personnes.Malheureusement, le Cabaret Électrique, la salle havraise en sursis, est coutumière du genre.

Au programme Jesca Hoop + Kyrie Kristmanson et The Tiny.

Des noms quasiment inconnus en France, exception faite pour The Tiny.

Jesca Hoop est une jeune femme qui porte une veste en cuir fermée jusqu’au cou. Elle chante les yeux clos et semble être ailleurs.
Sa voix est très jolie. Timide et effacée quand elle parle. Puissante et imposante quand elle chante.
Jesca Hoop est un paradoxe. Une chrysalide qui n’est pas encore devenue papillon. Sa qualité vocale est vraiment à souligner, surtout le soin apporté aux variations du timbre de sa voix.
Elle fait appel à une de ses amies pour l’épauler dans cette tentative de séduction orale, et il faut l’avouer, cela fonctionne plutôt bien, entre la brune et la blonde.
Un seul instrument en accompagnement : une guitare entre les doigts de la jeune anglaise.

Elle est un paradoxe !

Elle nous parle de sa maman qui était gravement malade. Elle nous dit qu’elle lui a conseillé de fumer de la marijuana pour apaiser ses souffrances. Elle entonne une chanson qui parle de ce passage dans sa vie.
Sa maman est morte.
« _C’est comme ça ! Dit-elle »
Jesca Hoop chante ses souffrances.
Elle nous parle de ses histoires d’amour.
Peut-être doit-elle exorciser cela pour réellement donner toute la mesure de son talent ?
Car sa musique semble parfois à l’étroit dans un moi souffrant omniprésent.
Cependant Mlle Hoop, est à suivre sérieusement, ne serait-ce que pour ses qualités vocales.

In Jessica, We Hope !

Kyrie Kristmanson a de quoi nous déconcerter, avec son chant et sa guitare, avec son ami Nicolas et sa contre basse.
La canadienne maitrise parfaitement le français et entretient ainsi un rapport sympathique avec le public.
Sa musique pourrait être « intellectualichiante », trop conceptuelle autour des notions de troubadour et d’amour profane du XII ème siècle.
Mais c’est sans compter sur son intelligence.
Kyrie a une culture musicale étendue, comme les plaines centrales du Canada, ce qui lui permet d’établir des ponts entre le Jazz et la pop.
Nous retrouvons là aussi un sens aigü de l’harmonie vocale et une application dans sa façon de poser sa voix.
On obtient une rencontre d’une musicalité incroyable et le morceau « Who » est là pour en témoigner.

Who are you ? Are you you ? Who am i ? I am i ?

Autant d’interrogations shakespeariennes, en tout cas il en est une qui ne se pose pas : Kyrie Kristmanson a-t-elle du talent ? Oui assurément.

Il faut le dire tout de suite The Tiny est formidable.

C’est un des plus beaux objets musicaux qui m’ait été donné d’écouter ces derniers mois.
Bien heureux l’enfant à naître de cet amour qui unit le duo composant The Tiny.
En effet, la chanteuse cale fièrement son ventre arrondi derrière son clavier.
Ces deux là s’aiment à n’en pas douter.
Les regards, les silences et les attentes…
Cet amour transparait dans leur musique, c’est harmonieux, posé et heureux.
Elle chante des déceptions amoureuses, auxquelles, on a du mal à croire, tellement leur bonheur saute aux yeux.
Elle avec son clavier et sa voix parfois cassée, lui au violoncelle, au xylophone, à la scie (oui une scie égoïne !) et à la voix de castra.
C’est magnifique, parfois magique.
Il y a vraiment quelque chose de transmis entre eux et nous.
Elle lui chante son amour et lui, en retour, joue le sien.
The Tiny sont à voir, à écouter, c’est urgent car ce genre de création est rare.

Ce fut un triptyque sans batterie et peu d’instruments électriques. Pourtant il y eut des jolies étincelles et de séduisants fracas.

Merci aux organisateurs.

Quand les femmes s’en mêlent...elles sont l’avenir de l’Homme.

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